Le violet de Chine est un pigment synthétique qui a été utilisé en Chine dans l’antiquité (notamment dans le tombeau du Premier Empereur à Xi’an) et jusqu’à l’époque Han (de -202 à 220). Il fut ensuite délaissé sans que l’on en connaisse la raison. Sa confection demandait plusieurs heures de cuisson entre 900°C et 1050°C.

Le violet de Chine est appelé Zhōngguó zǐ (中国紫) en chinois, et Chinese purple ou Han purple en anglais. Il faut se méfier de cette dernière appellation car ce pigment a été trouvé sur des artefacts d’époque Zhou qui précède la dynastie Han de huit siècles.

La formule chimique du violet de Chine s’écrit BaCuSi₂O₆ et il s’agit donc d’un silicate de baryum et de cuivre.

Décorations notamment en « violet de Chine » (BaCuSi₂O₆) et en cinabre (HgS) sur des chevaux en terre cuite excavé en 2006 à Qingzhou au Shandong d’une tombe datée de -206 à -141. @Rémi Anicotte (29 mai 2025) au Musée de Qingzhou

Deux autres silicates de baryum et de cuivre étaient synthétisés et utilisés : le bleu de Chine (BaCuSi₄O₁₀) et le bleu foncé de Chine (BaCuSi₂O₇).

Pigments « bleu de Chine » (BaCuSi₄O₁₀) à gauche et « violet de Chine » (BaCuSi₂O₆) à droite, au Musée de Qingzhou (山东省潍坊市青州博物馆). @Rémi Anicotte (29 mai 2025)
Pigment « violet de Chine » (BaCuSi₂O₆) sur une peinture murale (origine et datation non renseignées) à la galerie M Woods au n°81 avenue Chaoyangmen Nei à Pékin. @Rémi Anicotte (29 août 2025)

Le violet de Chine est associé à une anecdote amusante, voire un étonnant cas d’école en matière de propriété intellectuelle : Elisabeth West FitzHugh et Lynda A. Zycherman rapportent qu’il a été breveté à la fin du XIXe siècle par un certain A. F. Le Chatelier [Deutsches Reichspatent 112761 (1899/1900)], ce qui signifie que ce brevet portait sur un produit synthétique déjà inventé et manufacturé.

[Mise à jour le 25 février 2026.]


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