Le violet de Chine est un pigment synthétique qui a été utilisé en Chine dans l’antiquité (notamment dans le tombeau du Premier Empereur à Xi’an) et jusqu’à l’époque Han (de -202 à 220). Il fut ensuite délaissé sans que l’on en connaisse la raison. Sa confection demandait plusieurs heures de cuisson entre 900°C et 1050°C.
Le violet de Chine est appelé Zhōngguó zǐ (中国紫) en chinois, et Chinese purple ou Han purple en anglais. Il faut se méfier de cette dernière appellation car ce pigment a été trouvé sur des artefacts d’époque Zhou qui précède la dynastie Han de huit siècles.
La formule chimique du violet de Chine s’écrit BaCuSi₂O₆ et il s’agit donc d’un silicate de baryum et de cuivre.

Deux autres silicates de baryum et de cuivre étaient synthétisés et utilisés : le bleu de Chine (BaCuSi₄O₁₀) et le bleu foncé de Chine (BaCuSi₂O₇).


Le violet de Chine est associé à une anecdote amusante, voire un étonnant cas d’école en matière de propriété intellectuelle : Elisabeth West FitzHugh et Lynda A. Zycherman rapportent qu’il a été breveté à la fin du XIXe siècle par un certain A. F. Le Chatelier [Deutsches Reichspatent 112761 (1899/1900)], ce qui signifie que ce brevet portait sur un produit synthétique déjà inventé et manufacturé.
[Mise à jour le 25 février 2026.]
Découverte de la Chine et de sa culture.
Références:
- Elisabeth West FitzHugh & Lynda A. Zycherman, 1992, A Purple Barium Copper Silicate Pigment from Early China, in Studies in Conservation (Londres), Vol.37, N°3, pp.145-154.
- « The lost art of Chinese purple », Six Tone (Shanghai), 6 juin 2025.
