Voici une gravure en noir et blanc de la porte du Midi (Wǔmén 午门) de la Cité interdite. L’œuvre appartient à la série Les Conquêtes de l’empereur de la Chine (平定西域战铜版画) comportant seize gravures sur planches de bronze réalisées à Paris par Charles-Nicolas Cochin (1715-1790) sur ordre de Louis XV (1710-1774), roi de France, afin de répondre à une commande de Qianlong (1711-1799), empereur de la dynastie Qing.

On y voit l’empereur Qianlong assis face au sud en haut du bâtiment central de la porte Wumen, une construction en forme de U inversé devant laquelle sont aujourd’hui installés les contrôles d’entrée du musée du vieux Palais de Pékin. En-bas, agenouillés face à l’empereur, des représentants de Dzoungarie font acte de reddition. Ils sont des Mongols oïrats établis dans le nord-ouest de la région que Qianlong allait nommer « Xinjiang » (la nouvelle frontière) en 1760.

De fait, la série célébrait la conclusion victorieuse pour l’Empire chinois d’une campagne menée entre 1755 à 1759 pour « pacifier » de la Dzoungarie. Les représentations devaient décorer le pavillon Zijinguang (紫光阁) situé dans les jardins à l’ouest de la Cité interdite.

Peinture polychrome faite en 1762 à Pékin par l’équipe de Giuseppe Castiglione [郎世宁] dirigeant Jean-Denis Attiret [王致诚], Ignaz Sichelbarcht [艾启蒙], et Giovanni Damasceno [安德义]. Ils étaient tous des missionnaires jésuites bénéficiant de charges d’artistes à la cour de l’empereur Qianlong.

D’abord, en 1762, seize peintures polychromes sont réalisées à Pékin. Elles sont expédiées à Paris en 1766 – c’est lors de cette étape que la Compagnie française des Indes intercepte l’affaire et suggère à l’administration royale de transformer la commande chinoise en cadeau français – pour confectionner des gravures sur cuivre permettant un estampage en noir et blanc.

Les quatre premières plaques et estampes arrivent à Pékin en 1768, et les douze derniers en 1775.

La relative lenteur du processus (neuf ans) poussa Qianlong à développer la technique à Pékin afin d’effectuer à domicile, entre 1781 et 1787 (six ans), des gravures des bâtiments à l’occidentale du « palais d’été » Yuanmingyuan.

[Mise à jour le 23 mars 2026.]


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