Les enfers du temple Dongyuemiao de Pékin

Le temple Dōng yuè miào (东岳庙) de Pékin se situe six cent mètres à l’extérieur la porte Chaoyangmen, dans les faubourgs orientaux de l’ancienne ville fortifiée. Son nom signifie qu’il s’agit d’un temple (miào 庙) dédié au souverain du pic Oriental (Dōng yuè dà dì 东岳大帝), le maître de la vie et de la mort supposé résider au mont Tai (Tàishān 泰山 ou Dài yuè 岱岳) ou encore pic Oriental (Dōng yuè 东岳), un lieu réputé être la porte des Enfers.

Les visiteurs du temple passent la porte d’observation du pic Oriental, un bâtiment présentant trois ouvertures. Chacune est décorée de sentences parallèles (duìlián 对联) suspendues verticalement de part et d’autre des entrées : «Ceux qui  prennent l’initiative d’abuser de leur pouvoir et d’outrager l’ordre des choses dans ce monde, aucun n’échappera aux châtiments des bureaux de l’au-delà.» (entrée centrale), «Le bien se distingue clairement du mal, ne cherche pas à les travestir dans tes pensées. La fausse bonté et la vraie méchanceté ne te seront pas pardonnées en ces lieux.» (entrée est), «Les opprimés ne demeurent pas stoïques comme des êtres impassibles. La création perçoit immédiatement lorsque certains trompent leur monde et mentent.» (entrée ouest).

Accrochée sous le toit de cette porte s’affiche la célèbre Mise en garde du souverain du pic Oriental en caractères dorés sur fond bleu.

Ce texte révèle l’intégration dans la culture chinoise, et donc le taoïsme, du principe bouddhiste de châtiments et de récompenses. Il formait déjà la matrice de la pensée religieuse chinoise lorsque le taoïsme s’établit en cristallisant les croyances chinoises autochtones. Nous voyons cependant de subtiles spécificités telles que la mention des pratiques de divination et le commentaire sur les cycles naturels. Le karma bouddhiste est un principe logique d’enchaînement des causes et des conséquences, alors que le dao des taoïstes met l’accent sur les forces d’actions et de réactions dans le monde physique et au sein du corps social.

Stèles et brûle-encens de fer et matériel de lutte contre les incendies en contrebas de l’allée surélevée traversant la cour des stèles et de bureaux le long de son axe nord-sud. @Rémi Anicotte (12 septembre 2023)

Les visiteurs débouchent sur une cour rectangulaire parsemée de stèles de pierres dont les textes commémorent les activités des officiels, religieux, guildes et corporations qui firent vivre le temple à partir de sa fondation au XIVe siècle sous le règne de la dynastie Yuan (1271-1368). En effet, à l’époque impériale, le temple Dongyuemiao de Pékin hébergeait, outre les bureaux des enfers et les autels taoïstes, une vingtaine de guildes et corporations, sans compter d’autres associations civiles ou religieuses non identifiées. Ce mélange des activités religieuses et laïques caractérisait les temples administrés par des laïcs et généralement appelés miào 庙, et parfois 寺. On en comptait plus d’un millier à Pékin vers 1920, et ils fonctionnaient tous ainsi, qu’ils fussent patronnés par l’État ou par des corporations, et situés en ville ou dans des villages. Cependant la transition de l’Empire à la République de Chine en 1911-1912, ou même depuis les réformes de 1905 et l’abandon du système kējǔ (科举) de recrutement sur concours, s’accompagnait d’un bouleversement du maillage de la société civile, faisant tomber la plupart des temples urbains en déshérence. Restèrent les ermitages (ān 庵), les monastères bouddhistes (寺 ou chán lín 禅林), les monastères taoïstes (guàn 观), du moins ceux qui conservaient leur patronage ou leurs revenus propres. Ils assuraient la vie des communautés de religieux, mais ne fédéraient plus la société civile. Demeurèrent aussi les centaines de chambres de commerces (huìguǎn 会馆 ) qui réunissaient, désormais hors des temples, les provinciaux selon leurs origines géographiques et qui disposaient de leurs propres salles dédiées à la liturgie.

Dans les années 1980-1990, les autorités du patrimoine responsables du Temple Dongyuemiao de Pékin décidèrent de rénover la partie liturgique qui relève de la religion taoïste établie, et aussi les bureaux des enfers qui témoignent quant à eux d’un folklore plus populaire. En revanche, la présence passée des guildes et corporations n’est pas recrée, car seules sont documentées leurs activités, comme l’organisation de la foire du Nouvel An ou du pèlerinage annuel au mont Miaofengshan (妙峰山), alors que l’on ne connaît pas la dispositions des pièces qu’elles occupaient.

Les guildes assumaient l’entretien du temple. Par exemple, la poussière accumulée le long d’un an sur les statues était prélevée lors du carême du troisième mois du calendrier chinois par les membres de la guilde des tailleurs de jade. Cette poussière était ensuite confiée à une guilde de céramistes qui la mélangeaient à la terre glaise qu’ils travaillaient. Ces rituels coutumiers s’accompagnaient de cérémonies menées par les membres des guildes concernées sans faire appel à des prêtres.

La sinologie rassemble le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme sous l’appellation générique des Trois Enseignements (sān jiào 三教). Cette approche reflètent les convergences sociales et intellectuelles de ces écoles de pensées, elle leur accorde une dignité censée les élever au-dessus du corpus des croyances populaires (mínjiān xìnyǎng 民间信仰) quant à elles un peu facilement reléguées au rang de superstitions. Pourtant, au sein des temples administrés par des laïcs, les trois enseignements établis s’imbriquaient au credo populaire qui envisageait la coexistence des humains avec des esprits et des fantômes.

Le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme disposaient d’officiants professionnels. Mais ils possédaient bien peu de fidèles leur prêtant une allégeance exclusive. La plupart des laïcs assistaient, dans des temples ou à domicile, à des rituels des trois religions dans un esprit œcuménique cohérent avec le syncrétisme officiel qu’avait théorisé Zhu Xi (朱熹, 1130-1200) et qui était devenu l’orthodoxie impériale. Par ailleurs, presque tout le monde adhérait aux croyances populaires. Et de surcroît, chacun effectuait soi-même dans le cadre familial les rites dédiés aux ancêtres (pratiques validées par le confucianisme qui se les appropria), ainsi qu’aux dieux du sol et aux dieux des fourneaux (relevant des coutumes populaires).

Un laïc a sollicité le privilège de balayer l’allée surélevée traversant la cour des stèles et menant à la Salle du Souverain du Pic oriental. @Rémi Anicotte (20 septembre 2023)

Le cœur du temple est la salle du souverain du pic Oriental située au bout d’une longue allée.

Un visiteur plante trois bâtonnets d’encens allumés dans les cendres accumulées d’un brûloir en bonze devant l’entrée de la Salle du Souverain du Pic oriental (Dài yuè diàn 岱岳殿) au Temple Dongyuemiao de Pékin. @Rémi Anicotte (12 septembre 2023)

Les visiteurs du temple Dongyuemiao de Pékin peuvent arpenter la galerie rectangulaire qui borde la cour. Elle aligne soixante-seize spectaculaires bureaux (司) infernaux installés dans soixante-quatre pièces grand ouvertes sur la galerie: soixante pièces sur les longueurs et largeurs de la galerie, et les quatre pièces d’angle. Les côtés donnant sur la galerie sont dépourvus de paroi, et sont simplement fermés par des barrières basses qui n’obstruent pas la vue. La plupart des pièces, cinquante-deux exactement, contiennent un seul bureau. Mais les quatre pièces d’angle, non cloisonnées à l’intérieur, accueillent deux bureaux chacune, c’est également le cas de huit pièces latérales.

En Chine, il existe bien d’autres temples consacrés au souverain du pic Oriental, leurs bureaux infernaux varient en nombre, en dénominations et en prérogatives. Ce que l’on retrouve partout est la typologie de leurs attributions: évaluation des actions, jugement des personnes, récompense des mérites, punition des fautes, spécificités des réincarnations, maintien de l’ordre parmi les habitants du royaume des ombres, etc. Dans un temple donné, les champs de compétences des divers bureaux peuvent se superposer, comme dans une administration humaine qui ajouterait des services sans ajuster l’existant.

Dans sa Divine Comédie, le poète italien Dante Alighieri narra un périple aux Enfers qu’il concevait comme des cercles concentriques formant un cosmos séparé du nôtre. Le Diable y personnifiait le mal absolu. Rien de tel dans les temples dédiés au Souverain du Pic oriental. Ici le monde des ombres côtoie celui de la lumière et il se voit décrit au travers d’une administration pointilleuse qui fait le pendant de celle de l’Empire. De surcroît le souverain du pic Oriental n’a rien de démoniaque, il se pose au contraire en garant de la justice et de l’équité.

Les enfers chinois étaient plutôt des purgatoires puisqu’ils impliquaient la possibilité d’un salut individuel faisant peu de cas des hiérarchies du monde réel, et impliquant une sorte d’irrévérence vis-à-vis du pouvoir établi, ou au moins apportant une forme de consolation. Dans l’au-delà, tout un bestiaire infernal torturait les damnés jusqu’à les purifier de leurs démons intérieurs, avant de les expédier derechef vers le monde des vivants. D’une certaine façon, la notion de métempsychose annonçait celle de mobilité sociale: un mauvais dignitaire de l’Empire pouvait se voir rétrogradé en animal de labour dans sa vie suivante, alors qu’un brave cultivateur pouvait renaître au sein d’une famille riche et puissante après une vie d’honnête besogne.

Listons les soixante-seize bureaux du temple Dongyuemiao de Pékin vus l’un après l’autre dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en commençant par la section sud-est de la galerie rectangulaire. Leur contemplation offre une méditation sur les travers des comportements humains et de la vie en société.

En marchant vers l’est avant d’arriver à la pièce d’angle, nous observons neuf bureaux dans sept pièces dont les ouvertures font face au nord:

  • 01. Bureau des châtiments et récompenses instantanés (速报司). Le chef de bureau est Yue Fei (岳飞, 1103-1142), un héros de la dynastie Song (960-1279). Il fut exécuté à cause d’accusations mensongères, un sort qui le prédisposait à réagir promptement aux injustices. La conception des décors de ce bureau, comme de tous les autres de ce temple, remontent au temps de la dynastie Ming (1368-1644) et tous ses personnages sont vêtus selon les usages de cette époque (même Yue Fei), sauf un enfant habillé à la mode de la dynastie Qing (1644-1911). Il s’agirait de la représentation d’un jeune eunuque qui était un compagnon de jeu du dernier empereur Puyi (1906-1967). L’enfant aurait manqué de respect à son souverain et subit une punition symbolique en voyant son effigie placée dans ce bureau.
  • 02. Bureau des souffrances et des peines (苦楚司). Il se situe sur le côté ouest d’une pièce partagée avec le bureau suivant. Il inflige la douleur à ceux commirent de mauvaises actions dans leur vie.
  • 03. Bureau du contrôle de l’action des magistrats (督察司). Il se trouve sur le côté est de la même pièce que le bureau précédent. Il examine la justesse des décisions des magistrats des enfers. Nous voyons ici que les jugements dans l’au-delà peuvent être entachés d’imperfections comme ceux du monde des vivants.
  • 04. Bureau des devoirs envers les descendants (子孙司). Il se situe sur le côté ouest d’une pièce partagée avec le bureau suivant. Les parents doivent assumer leurs devoirs d’assistance et d’éducation envers leurs enfants, faute de quoi ils se verront châtiés aux enfers.
  • 05. Bureau de la droiture des magistrats (正直司). Il se trouve sur le côté est de la même pièce que le bureau précédent. Les magistrats du monde des vivants doivent faire preuve d’intégrité dans l’exercice de leur charge, faute de quoi ils seront punis aux enfers.
Les magistrats et les personnels des bureaux 04 (à droite) et 05 (à gauche) partagent le même espace.
  • 06. Bureau des résurrections (还魂司). Il peut compenser certaines morts prématurées en renvoyant certains défunt dans le monde des vivants pour un temps de vie supplémentaire.
Un être aviaire du bureau 06.
  • 07. Bureau des poisons (毒药司). Il punit ceux qui sombrent dans l’addiction, et ceux qui usent de poisons ou de drogues pour nuire à autrui, notamment les trafiquants de stupéfiants et les empoisonneurs.
  • 08. Bureau des exhortations (催行司). Ceux qui se laissent aller à la procrastination dans cette vie, ne reconnaissent pas la Voie, ne pratiquent pas les préceptes du taoïsme et n’accomplissent pas de bonnes actions, risquent une vie de coursiers empressés aux enfers. Ce bureau se charge de les exhorter à davantage de diligence.
  • 09. Bureau de la longévité (长寿司). Il accorde l’espérance de vie en récompense selon les mérites accumulés.

Nous arrivons à la pièce d’angle sud-est qui abrite deux bureaux:

  • 10. Bureau des réincarnations en larves (化生司). Il se voit dans la moité sud de la pièce d’angle sud-est par l’ouverture orientée vers le nord. Il condamne des défunts peu méritants à une réincarnation de bas rang en insecte ou autre animal dont le cycle de vie connaît des métamorphoses.
  • 11. Bureau des réincarnations ovipares (卵生司). Il se trouve dans la moitié nord de la pièce d’angle sud-est et il fait face à l’ouest. Il condamne des décédés peu méritants à une réincarnation en oiseaux ou en reptiles, ce qui n’est pas très élevé, mais un peu mieux qu’une réincarnation larvaire.
La pièce d’angle sud-est abritant les bureaux 10 et 11.

D’ici nous avançons vers le nord en longeant le côté oriental de la galerie, il compte vingt-quatre bureaux répartis dans vingt-deux pièces ouvertes vers l’ouest avant la pièce d’angle nord-est:

  • 12. Bureau d’octroi du bonheur (注福司). Le bonheur octroyé en récompense de bonnes actions peut survenir dans cette vie ou dans la prochaine.
  • 13. Bureau des manquements à ses devoirs (忤逆司). Il se charge de punir ceux qui manquent à leurs devoirs envers la nature, leurs supérieurs, leurs ascendants ou leurs enseignants.
  • 14. Bureau de punition des mauvaises actions (恶报司). Le châtiment peut intervenir sous la forme d’une mort prématurée, de tortures dans les enfers ou d’une réincarnation en une forme de vie réputée inférieure.
Ablation de la langue et éviscération au bureau 14.
  • 15. Bureau des dons de médicaments (施药司). Distribuer gratuitement des médicaments à des malades nécessiteux constitue une bonne action qui amène une récompense dans cette vie ou la prochaine.
  • 16. Bureau de libération d’êtres vivants (放生司). Libérer des êtres vivants permet d’accumuler des mérites qui seront récompensés dans cette vie ou la prochaine. C’est pour cette raison que l’on voit à l’entrée des temples un étrange commerce circulaire d’animaux en cages destinés à être achetés par des fidèles qui les libèrent afin de réaliser une bonne action.
  • 17. Bureau des interrogatoires (推勘司). Il questionne ceux qui sont accusés de mauvaises actions.
  • 18. Bureau des morts injustes (枉死司). Il réévalue la situation des défunts victimes d’accusations mensongères, d’erreurs judiciaires ou d’exécutions arbitraires.
  • 19. Bureau des démons (魍魉司). Les démons peuvent causer des tords, il faut donc un bureau chargé de refréner leur méchanceté.
Créature monopode rougeaude et griffue débout entre deux êtres bipèdes au bureau 19.
  • 20. Bureau des dieux du sol (土地司). Chaque lieu possède un dieu du sol plus ou moins bienveillant. Il sont placés sous la surveillance de ce bureau.
Occupants du bureau 20, côté gauche.
  • 21. Bureau des brigands et des voleurs (贼盗司). Il punit ceux qui ont commis des larcins, des cambriolages ou des pillages.
  • 22. Bureau des moines bouddhistes et des maîtres taoïstes (僧道司). Il gratifie les religieux selon leurs mérites et leurs services.

Nous passons la Salle Fù cái diàn (阜财殿) dévolue à deux dieux de la fortune (un civil et un militaire). Elle est remplie de représentation de lingots d’or. Nous saluons un prêtre taoïste qui officie dans cette pièce: finalement l’actuel Temple Dongyuemiao de Pékin mêle la pratique religieuse et les fonctions muséales de la même façon qu’il combinait les activités cultuelles et profanes du temps de l’Empire et jusqu’au premières années de la République de Chine.

Nous continuons à longer le côté oriental de la galerie vers le nord:

  • 23. Bureau des avortements et des fausses couches (脱胎落子司). La dénomination de ce bureau doit s’entendre dans le contexte de l’ancienne société polygame qui mettait les épouses en concurrence et où le seul moyen d’améliorer son statut était d’avoir un fils. Certaines administraient clandestinement des abortifs à leur co-épouses pour empêcher une naissance qui contrarierait leurs propres espoirs. Leur sort était géré par ce bureau. Il châtiait aussi celles, parfois à peine adolescentes, dont la grossesse s’interrompait, supposément par manque de précaution. Ce bureau occupe la même pièce que le suivant.
  • 24. Bureau des évaluations (较量司). Il partage la même pièce que le précédent. Ici, chaque action se voit soupesée pour faire la part entre les mérites et les fautes.
  • 25. Bureau de la répartition des pluies (行雨地分司). Il maintient l’ordre parmi les dieux de la pluie. Il s’agit d’un des rares bureaux où le chef de bureau n’a pas allure humaine. C’est un dragon, un animal mythique qui en Chine est associé à l’eau. Des chapelles dédiées à un Roi Dragon (龙王) local se trouvent communément à proximité des sources, des lacs, des écluses, etc.
Le Roi dragon présidant le bureau 25, et un batracien à droite.
  • 26. Bureau des quinze morts funestes (十五种恶死司). Les malemorts infligées en punitions surviennent à cause de la famine, d’une bastonnade infligée aux prisonniers portant la cangue, d’un assassinat motivé par la vengeance, d’une confrontation militaire, d’une attaque par des bêtes féroces, des piqûres d’animaux venimeux, des brûlures ou une noyade, d’une intoxication médicamenteuse, d’un empoisonnement, de la démence, d’une chute d’un arbre ou d’une falaise, des manigances de personnes viles, des sortilèges de démons, d’une maladie maligne, d’un suicide.
  • 27. Bureau des enfers (地狱司). L’idée de punitions et de récompenses selon les fautes et les mérites de chacun prend racine dans les conceptions bouddhistes qui ne s’imposèrent qu’à partir du premier siècle après J.-C. La structure administrative des enfers représentés dans la galerie correspond à celle de l’Empire Han (de 202 avant J.-C. à 220 après J.-C.). Ces deux innovations historiques firent émerger, entre le premier et le deuxième siècle après J.-C., une nouvelle vision du monde récupérée et cristallisée par la religion taoïste. En revanche, les conceptions chinoises les plus anciennes au sujet du royaume des ombres régit par le Souverain du Pic oriental se sont perdues dans les limbes du passé.
  • 28. Bureau des réincarnations en animaux (畜生司). Ceux qui commirent de mauvaises actions renaîtront sous une forme réputée inférieure à une réincarnation humaine.
Côté gauche du bureau 28.
Côté droit du bureau 28.
  • 29. Bureau des esprits de la forêt (山林鬼神司). Il lui incombe de récompenser ou de punir les êtres forestiers selon leurs mérites. Il peut s’agir de démons, ou d’esprits d’animaux, d’arbres et autres plantes.
  • 30. Bureau du déclenchement des épidémies (行瘟疫司). Il décide de lancer les épidémies sur des populations fautives ou au contraire de les refréner pour préserver les méritants.
  • 31. Bureau de jugement des calomniateurs (词状司). Il règle leur sort aux diffamateurs qui forgent de fausses accusations.
  • 32. Bureau de jugement de l’intégrité des magistrats (官职司) Il évalue l’action des serviteurs de l’État dont il attend un comportement irréprochable.
  • 33. Bureau des biens mal acquis (掠剩财物司). Il se charge de la confiscation des richesses accumulées indûment (à comparer avec le bureau 70).
  • 34. Bureau des trois carêmes (三月长斋司). Il évalue le respect des abstinences requises durant les célébrations de la naissance des Trois magistraux (三官) le 1er, le 7e et  le 10e mois lunaires. Il fallait alors se priver de viande et de condiments astringents (ail, ciboulette, etc.). Lors du carême du 3e mois des membres de la guilde des tailleurs de jade ramassaient la poussière accumulée sur les statues du Temple Dongyuemiao.
  • 35. Bureau d’octroi du rang social (注生贵贱司). Il concède le  rang social de la prochaine vie selon les mérites de l’existence présente.

Nous arrivons à la pièce d’angle nord-est qui abrite deux bureaux:

  • 36. Bureau des mérites (修功德司). Il s’ouvre vers l’ouest. Il comptabilise les mérites accumulés grâce à de bonnes actions.
  • 37. Bureau des ratifications (生死勾押推勘司). Il s’ouvre vers le sud. Il ratifie le compte des mérites et des fautes répertoriées pour chacun.

Puis nous arrivons devant le seul bureau sur la section nord-est de la galerie, hormis le précédent situé à l’angle:

  • 38. Bureau des signatures et validations (都签押司). Ses prérogatives reflètent l’identité des procédures administratives des enfers et de l’Empire. Dans les deux mondes, toute décision devait être documentée, signée par un responsable et légalisée avec un cachet officiel.

Nous débouchons sur la partie dévolue à la liturgie sérieuse. Nous passons, alignés dans cet ordre:

  • Le Mémorial Tàishān fǔ jūn cí (泰山府君祠) où le Souverain du Pic oriental est vénéré en tant que patriarche d’un clan, ce qui est loisible puisqu’il est marié et a des enfants.
  • Le Mémorial Zhāng zōng shī cí (张宗师祠) de Zhang Liuxun (张留孙, 1248-1321) le fondateur du temple.
  • La Salle Sān máo jūn diàn (三茅君殿) dédiée au Trois seigneur du Mont Mao, autrement dit les trois frères Yang. En réalité, le personnage important est l’aîné Yang Xi (杨羲, 330-386). On lui adjoint ses frères pour former une trinité, pas celle des chrétiens, mais la chinoise qui ouvre sur l’infini: «Le un engendre le deux qui engendre le trois qui engendre toutes les choses» (Laozi, Livre de la voie et de la vertu [Dào dé jīng 道德经], XLII). Yang Xi  fut visité dans son ermitage du Mont Maoshan (茅山) près de Changzhou au Jiangsu par des immortels qui lui firent une séries de révélations. Yang Xi consigna ses visions par écrit et les divulgua à des initiés issues des strates supérieures de la société. Il fonda ainsi la branche du taoïsme dite de la Pureté suprême (shàngqīng pài 上清派). Le panthéon de cette obédience se déclinait autour de la trinité des Trois Vénérables Célestes (Tīanzūn 天尊), aussi appelés les Trois Purs ou Trois Puretés (Sānqīng 三清). Indépendamment de ces considérations théologique, le panthéon populaire envisageait le monde de la lumière régi par l’Empereur de Jade, alors que le royaume de l’ombre était le domaine du Souverain du Pic oriental. Avec les révélations de Maoshan, le taoïsme était devenu une religion touchant toutes les couches sociales, et capables d’attirer des publics variés. Il possédait ses textes sacrés, et une palette de pratiques comprenant méditation, exercices physiques, recherches alchimiques de l’élixir d’immortalité, spéculations ésotériques, magie et sorcellerie. Les intellectuels se concentraient sur le cinabre interne (la méditation). Ceux voulant échapper à la mort rêvaient des pilules d’immortalité produite par le cinabre externe (l’alchimie). Les amateurs de magie commandaient des cérémonies colorées. Les esprits superstitieux achetaient des talismans et se faisaient prédire l’avenir. Les contradicteurs des taoïstes leur reprochaient ce mélange des genres. Mais les officiants misaient, pour enraciner leur influence, sur un renforcement mutuel des spéculations des initiés et des pratiques magiques.
  • La Salle Dài yuè diàn (岱岳殿) est le cœur du temple. Dès qu’un pratiquant se prosterne, un prêtre saisit un battoir et frappe un vase pour faire retentir un son clair. Ici, le Souverain du Pic oriental se voit à nouveau mis en scène, mais cette fois dans son rôle de monarque accompagné de quatre ministres civils et quatre ministres militaires. Derrière, un couloir conduit à une nouvelle trinité: celle des Trois magistrats (Sān guān 三官) qui sont ici représentés par d’authentiques statues en bois peint de l’époque Ming provenant d’un temple démolis.
  • Le Mémorial du maître Haoli (Hāolǐ zhàngrén cí 蒿里丈人祠), un sage du royaume des ombres.
  • La Salle Bǐnglíng gōng diàn (炳灵公殿) dédiée au dieu du feu qui est le troisième fils du Souverain du Pic oriental.
  • Le Mémorial Wú zōng shī cí (吴宗师祠) dédié à Wu Quanjie (吴全节, 1269-1346), disciple et successeur de Zhang Liuxun.

Voilà pour la partie solennelle du temple. Nous pouvons maintenant reprendre l’exploration des bureaux par celui de la section nord-ouest de la galerie situé avant la pièce d’angle:

  • 39. Bureau des naissances et des décès (生死司). Il décrète le moment et les particularités des naissances et des trépas.

Puis nous arrivons à la pièce d’angle nord-ouest:

  • 40. Bureau des dons aux moines bouddhistes et aux maîtres taoïstes (斋僧道司). Il s’ouvre vers le sud. Il récompense ceux qui font des dons aux religieux, sans distinction d’obédience.
  • 41. Bureau des récompenses pour la lecture de textes sacrés (看经司). Il s’ouvre face à l’est. Il se charge de récompenser tous ceux qui étudient les grands textes du taoïsme voire d’autres traditions de sagesse. 

De là, nous avançons vers le sud à la découverte de vingt-quatre bureaux répartis dans vingt-deux pièces le long de la section occidentale de la galerie avant la pièce d’angle sud-ouest:

  • 42. Bureau des arrestations et des jugements (勾生死司). Il opère la validation finale des condamnations et des acquittements.
  • 43. Bureau des exécutions (取人司).  Il se charge de l’application des mises à mort.
  • 44. Bureau d’ajout de bonheur et de longévité (增福寿司). Il accorde un supplément de bonheur et de longévité dans cette vie en fonction des mérites de chacun.
  • 45. Bureau des mandats d’arrêt (追取罪人照证司). Il émet les mandats d’arrêt permettant au bureau 43 de fonctionner.
  • 46. Bureau des agents subalternes (曹史司). Il surveille les agents de base au sein de l’administration de l’Empire. 
  • 47. Bureau des oiseaux (飞禽司). Il protège la gent ailée et il punit les humains qui les massacrent durant la saison de reproduction. Ce bureau reflète une préoccupation pour l’équilibre environnemental qui aurait semblée naturelle chez des chasseurs-cueilleurs, mais qui n’allait pas forcément de soi dans une société agricole traditionnelle.
Côté droit du bureau 47.
  • 48. Bureau des maladies incurables (宿业疾病司). Il peut accorder un soulagement voire la guérison aux malades méritants que la médecine est impuissante à soigner.
  • 49. Bureau des domaines aquatiques (水府司). Chaque cours d’eau possède ses dieux. Ce bureau maintient l’ordre parmi eux.
  • 50. Bureau des quinze modes de vie bienfaisants (十五种善生司). Il encourage à agir avec clémence, œuvrer pour la nation, valoriser les moments favorables, fréquenter des amis vertueux, préserver sa santé, persévérer sur la voie de la vertu, respecter le droit, entretenir l’harmonie parmi ses proches, engranger les biens et la nourriture selon ses besoins (comparer avec les bureaux 33 et 70), traiter tout un chacun avec respect, se garder de l’envie et de la luxure, approfondir sa quête spirituelle, chercher la protection de dieux bienfaisants, soutenir les nécessiteux, s’accommoder des difficultés.
  • 51. Bureau des fantômes esseulés (无主孤魂司). Il s’occupe des âmes damnées qui errent de par le monde des vivants et voudraient continuer à nuire.
Le magistrat d’allure bestiale du bureau 51.
  • 52. Bureau du dieux du vent (风伯司). Il contrôle la puissance du dieux du vent afin d’éviter des catastrophes naturelles.
Occupant du bureau 52, côté gauche.
  • 53. Bureau des harcèlements et des escroqueries (欺昧司). Il punit ceux qui se sont rendus coupables de harcèlement et de tricherie.
  • 54. Bureau des complots (阴谋司). Il punit les auteurs de complots et de machinations.

Nous passons la Salle Guǎng sì diàn (广嗣殿) des dieux de la fécondité et sa myriade de bébés joufflus en plâtres, puis nous continuons parcourir le côté occidental de la galerie vers le sud:

  • 55. Bureau des dieux des remparts et des douves (城隍司). Les murs des villes ainsi que leurs douves et fossés possèdent leurs dieux qui sont gérés par ce bureau.
  • 56. Bureau des dieux des montagnes (山神司). Chaque montagne est le domaine de dieux qui protègent ses habitants humains, animaux, végétaux ou surnaturels des catastrophes voire de la prédation excessive de certains d’entre eux.
  • 57. Bureau des créatures fantastiques (精怪司). Il s’occupe de l’administration des créatures fantastiques qui restent bienveillantes quand le monde des humains respecte l’ordre naturel, mais qui se rebellent et deviennent vindicatives dans le cas contraire.
  • 58. Bureau des dieux des portes (门神司). Au nouvel an, chacun colle des représentations de gardiens sur les portes de chez soi. Ils sont dotés de pouvoirs magiques et il faut bien un bureau pour éviter le désordre parmi cette foultitude.
Bureau 58 avec ses dieux des portes hallebarde en main.
  • 59. Bureau des réhabilitations (索命司). Il réhabilite les victimes d’injustices et leur permet de se venger pour trouver une consolation aux enfers ou dans leur prochaine vie.
  • 60. Bureau de la luxure (行污司). Il punit les femmes débauchées et leur clientèle.
  • 61. Bureau de l’abattage des animaux (杀生司). Ce bureau châtie ceux qui abattent les animaux. Car, même si les maîtres taoïstes de l’obédience zhengyi dont relève ce temple Dongyuemiao ne s’imposent pas de vœux végétariens, il semblait bienvenue de consacrer un bureau à cette préoccupation prégnante au sein d’une société baignée dans la morale bouddhiste. Tout compte fait, les bureaux reflètent l’univers mental des pratiquants, pas les conceptions philosophiques du taoïsme intellectuel.
Abatage d’un poulet et d’un cochon au bureau 61. Le décor est rehaussé par un paquet de sel déposé devant la tête de cochon.
  • 62. Bureau de récompense des bonnes actions (善报司). Il récompense dans cette vie ou la prochaine toutes les actions méritantes.
  • 63. Bureau de la loyauté et des devoirs filiaux (忠孝司). Il récompense ceux qui font preuve de la loyauté envers leurs supérieurs et qui accomplissent leurs devoirs envers leurs aînés.
  • 64. Bureau des destinés (所生贵贱司). Il ajuste le destin de chacun pour le meilleur ou pour le pire en fonction de ses actes bons ou mauvais. Ceci sous-entend que le destin peut être altéré.
  • 65. Bureau des réincarnations en mammifères (胎生司). Ce type de réincarnation se situe au-dessus des réincarnations en larves (notre bureau 10), ovipares (notre bureau 11) ou en milieu humide (notre bureau 66), elle est attribuée à ceux qui ont fait autant de bien que de mal, et donc pas assez de bien pour se maintenir parmi les humains.

Nous examinons les deux bureaux de la pièce d’angle sud-ouest:

  • 66. Bureau des réincarnations en milieu humide (湿生司). Il s’ouvre face à l’est. Il est chargé des réincarnations dans les étangs et marais pour ceux qui ne firent pas assez le bien de leur vivant.
  • 67. Bureau des êtres aquatiques (水族司). Il s’ouvre face au nord. Il se charge de la protection des êtres vivant dans en eaux douces ou salées. En effet, ils ne doivent pas subir de prédation excessive sous prétexte qu’il représente un type de réincarnation inférieur, l’équilibre de la nature prévaut.
Créatures aquatiques du bureau 67 situé du côté gauche de la pièce d’angle sud-ouest.

Puis nous achevons notre parcours avec les neuf bureaux de la section sud-ouest de la galerie, ils sont répartis dans sept pièces dont deux accueillent deux bureaux:

  • 68. Bureau de réduction de l’espérance de vie (促寿司). En cas de faute grave l’espérance de vie attribuée à la naissance peut se voir rabotée de 100 jours, voire de 500 jours pour une faute gravissime. En fait, chacun tient son destin en main.
  • 69. Bureau de la jaunisse (黄病司). Il inflige cette maladie hépatique à ceux qui abusent d’alcool ou d’une alimentation trop riche. Mieux vaut garder mesure en tout.
Bureau 69.
  • 70. Bureau des biens acquis honnêtement (积财司). Accumuler pour se prémunir de la disette est vertueux, ce bureau récompense cet effort qui est d’ailleurs recommandé par notre bureau 50. Mais tous les moyens ne sont pas acceptables et les cas litigieux passeraient sous la coupe de notre bureau 33.
  • 71. Bureau des châtiments et des récompenses octroyés dans cette vie (见报司). Les bonnes actions de la jeunesse donneront une vieillesse heureuse. La méchanceté dans ses vieux jours causera des déboires à ses enfants et petits-enfants.
  • 72. Bureau des transferts vers les enfers et les cieux (引路司). Il gèrent les accompagnateurs chargés de conduire les âmes des défunts vers le sort qui leur a été attribué.
  • 73. Bureau d’inspection (磨勘司). Il vérifie le bien-fondé des décisions du bureau 17 pour éviter les erreurs judiciaires.
  • 74. Bureau d’appréciation des intentions (举意司). L’évaluation des actions bonnes ou mauvaises ne saurait être isolée de l’intention qui les a motivées, alors il faut ce bureau pour établir une pondération prenant en compte cette complexité.
  • 75. Bureau de la pitié (悯众司). Il récompense l’empathie et la compassion pour autrui.
  • 76. Bureau des dieux du sol de haut rang (真官土地司). C’est le dernier bureau de notre parcours. Il administre ceux des dieux du sol qui furent précédemment des officiels honorables voire héroïques, comme Han Yu (韩愈, 768-824) nommé dieu du sol du bureau du personnel de l’Académie Hanlin de Pékin, ou Yue Fei (岳飞, 1103-1142) devenu le dieu du sol du Temple de Confucius à Hangzhou (ce qui ne l’empêche pas de cumuler avec la présidence du bureau 01 à quelques pas d’ici). En effet, les hauts lieux de l’administration impériale et des rites confucéens n’auraient pu s’accommoder de dieux du sol ordinaires voire bouseux, il leur fallait nommer des héros méritants.

Voilà qui clôt le parcours des soixante-seize bureaux du Temple Dongyuemiao de Pékin.

Photographies, schéma du temple, traductions originales des sentences parallèles, de la Mise en garde et des noms des bureaux par Rémi Anicotte, août-octobre 2023.

Davantage de photographies du Temple Dongyuemiao de Pékin:

  • Sur le site Xiyoumao (嘻游猫).
  • Swann, Anne (1964), The Peking Temple of the Eastern Peak. Nagoya : Monumenta Serica vol. IV.

Les guildes, les temples et les pratiques religieuses en Chine:

  • Anicotte, Rémi (2022), Six chapitres d’histoire de Chine, Publication indépendante.
  • Bujard, Marianne & Dong Xiaoping (2011), Temples et stèles de Pékin (vol.1). EFEO & Université normale de Pékin.
  • Gamble, Sidney D. (1921), Peking a social survey. New York: George H. Doran Society.
  • Goossaert, Vincent & Fang Ling (2009), «Temples et taoïstes en Chine urbaine depuis 1980», in Perspectives chinoises, n°4 de l’année 2009, pp.34-43.
  • Schipper, Kristofer (1997), «Structures liturgiques et société civile à Pékin», in Matériaux pour l’étude de la religion chinoise – Sanjiao wenxian (Paris & Leiden) n°1, pp.9-23. [Cet article explicite le fonctionnement des temples chinois, cependant il mentionne un total erroné de 72 bureaux.]
  • Thoraval, Joël (1992), «Pourquoi les religions chinoises ne peuvent-elles apparaître dans les statistiques occidentales?», in Perspectives Chinoises, n°1, pp.37-44. [Explique la pratique religieuse des laïcs sans allégeance à une religion particulière. Article repris dans le recueil Thoraval, Joël (posthume, 2021) chap.4.]
  • Thoraval, Joël (posthume, 2021), Écrits sur la Chine. CNRS Éditions.

La sensibilité et la pratique taoïstes aujourd’hui:

  • Fava, Patrice (2018), L’usage du Tao. JC Lattès.
  • Fava, Patrice (2023), Un taoïste n’a pas d’ombre, mémoires d’un ethnologue. Buchet-Chastel.

[Mise à jour le 8 janvier 2025.]


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Une réponse à « Les enfers du temple Dongyuemiao de Pékin »

  1. Avatar de JOST Remy
    JOST Remy

    Fabuleuse description et analyse des 76 bureaux.
    Dans une vie entière on est concerné par plusieurs d’entre eux, ce qui pousse à la prudence, à l’émerveillement, à l’humilité à la réflexion face au destin de chacun
    Merci Rémi pour cette contribution magistrale

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