L’actuel parc Yiheyuan (颐和园, le jardin du Maintien de l’Harmonie) se se compose du lac Kunming flanqué au nord de la colline Wanshoushan (万寿山, le mont de la longévité) et traversé du côté ouest par une digue panoramique imitant le paysage du Lac de l’Ouest à Hangzhou.

Depuis le XVIIIe siècle, ce lieu constituait une section de ce que les Occidentaux appelaient le «palais d’Été», une extension champêtre de la Cité interdite, au nord-ouest de Pékin, hors des remparts, et qui englobait les canaux alimentant la ville en eau. Cette section avait été nommée le «jardin des eaux claires et des vaguelettes» (Qīng yī yuán 清漪园) par l’empereur Qianlong (1711-1799) qui en avait entreprit l’aménagement à partir de 1750.

Des îles et une digue panoramique segmentée par un chapelet de ponts offrent autant de points de vue sur une succession de secteurs du lac, sur d’autres ponts et d’autres îles. Ils créent des cloisonnements invitant à découvrir ce qui pourrait se cacher plus loin, et ils occasionnent des effets de surprise au fur et à mesure de l’itinéraire choisi.



@Rémi Anicotte (6 octobre 2023)

@Rémi Anicotte (22 février 2020)
Sur la colline Wanshoushan se dressent des temples spectaculaires et serpentent des chemins et des escaliers qui permettent de saisir le plan général.

Par ailleurs, entre lac et colline, sillonne une galerie longue de 728 m et dont les poutres et les linteaux sont peints de milliers de tableaux représentant des fleurs, des oiseaux, des palais ainsi que des scènes historiques et romanesques.


Le jardin impérial devint un parc public ouvert à tous le 14 janvier 1914 dans la 3e année de la République de Chine. Il procura dès lors à la nouvelle bourgeoisie urbaine et aux voyageurs internationaux une expérience esthétique enracinée dans la tradition paysagiste chinoise.

Avant cette date, il n’échappa à aucune des vicissitudes historiques que connut Pékin. Il fut saccagé par le corps expéditionnaire franco-britannique en 1860 lors de la Seconde guerre de l’opium, puis restauré partiellement de 1884 à 1895 de par la volonté de l’impératrice douairière Cixi (1835-1908), et dès lors surnommé «nouveau» palais d’Été alors qu’il était rebaptisé Yiheyuan en chinois. Il fut de nouveau endommagé par les troupes de l’Alliance des huit nation en 1900, puis rénové en 1902.
