En Chine, des arcs monumentaux, appelés páilóu (牌樓) ou páifāng (牌坊), sont construits pour marquer l’entrée d’une rue ou d’un pont, ou encore pour esquisser une esplanade, et finalement de borner le passage entre deux espaces qui ne sont par forcément emmurés.

Les arcs monumentaux se composent parfois d’une seule arche formée par deux piliers. Dans ce cas de figure, il y a soit un seul toit surmontant l’arche, soit trois toits : l’un au-dessus de l’arche, plus un supplémentaire au-dessus de chacun des deux piliers.

Les arcs monumentaux peuvent aussi avoir trois arches et trois toits (un par arche), voire cinq et même sept toits. Etc. Elles ont ainsi tendance à devenir des morceaux de bravoure techniques aussi chargé que possible.
Du temps de l’Empire, jusqu’en 1911, ces toits étaient soutenus par des emboîtements de consoles en bois appelées dǒugǒng 斗拱 (ils sont la version chinoise des tenons-mortaises européens), uniquement si l’arc monumental était commandé par l’administration centrale, et dans ce cas, les toits étaient couverts de tuiles vernissées dorées (rang le plus élevé) ou vertes (un cran en-dessous).

Les arcs monumentaux impériaux étaient généralement réalisées en bois, parfois en briques couvertes de céramiques émaillée. En revanche, la pierre était de rigueur dans les sites funéraires.


En revanche, les arcs monumentaux non impériaux, par exemples financées localement par des associations commerçantes, artisanales ou religieuses, ne connaissaient pas de normes pour les matériaux, simplement elles évitaient que les éléments décoratifs ressemblent à des dougong ce qui aurait constitué un périlleux crime de lèse-majesté.
Celles de certaines rues commerçantes furent reconstruites en acier à la fin du XIXe siècle pour suivre la vogue lancée par l’Exposition universelle de 1889 à Paris et l’inauguration de la tour Eiffel. D’autres peuvent avoir une apparence d’arc à trois arches et trois toits pour la partie supérieure, mais avec deux piliers rabotés en bas afin de libérer un passage plus large.

Beaucoup d’observateurs conjecturent une origine indienne des arcs monumentaux chinois, ce scénario semble plausible : la forme serait venue de l’aire culturelle indienne il y a deux mille ans par la Route de la soie continentale, puis elle se serait localisée et aurait connu les développements que nous venons de présenter.

[Mise à jour le 20 août 2026.]