Papillon en galets au Jardin impérial (御花园) dans la Cité interdite. @Rémi Anicotte (28 août 2025)
En Provence et en Languedoc, on appelle calade, ou voie caladée, encaladée ou en calade, une chaussée pavée de galets ou empierrée. Dans ce dernier cas, les pierres sont posées debout sur chant (c’est-à-dire sur la tranche et non à plat). Cette technique facilite la marche en rendant les rampes et autres chemins en pente moins glissants, notamment en améliorant le drainage (à condition de ne pas cimenter en-dessous). De plus, les dessins et les pavages formés par les cailloux et leurs couleurs embellissent les chemins.
Un autre papillon en galets au pied d’une colline artificielle du Jardin impérial (御花园) dans la Cité interdite. Les pierres sont fixées par un mortier qui réduit le drainage, donc ici, la valeur décorative l’emporte sur la fonction pratique. @Rémi Anicotte (28 août 2025)
La diffusion de cette technique ancestrale s’étend des régions méditerranéennes jusqu’à la Chine, où l’on parle de surfaces (ou de chemins) fleuris (ou décorés) de pierre: huā shízi dìmiàn (花石子地面) ou huā shízi lùmiàn (石子路面). En Chine, on mélange volontiers les matériaux en mêlant des tuiles ou des pavés aux pierres.
Parterre en calade de pavés et de tuiles debout au Musée de l’eau courante de Pékin. Ici, pas de mortier, le drainage est assuré, ce qui est compatible avec le concept de ville spongieuse, l’un des sujets forts de l’urbanisme moderne de Pékin. @Rémi Anicotte (30 août 2025)Une locomotive, six wagons et une gare en galets du côté est de la colline artificielle à l’ouest de l’enceinte du temple Qin’andian (钦安殿) du Jardin impérial (御花园) dans la Cité interdite. Motif réalisé entre 1902 et 1912 d’après Wang Liying (2021), possiblement pour représenter le train Pékin-Zhangjiakou mis en service en 1906 sur la première voie ferrée construite sans participation étrangère. @Rémi Anicotte (29 novembre 2025)Personnage roulant à vélo représenté en galets du côté est de la colline artificielle à l’ouest de l’enceinte du temple Qin’andian (钦安殿) du Jardin impérial (御花园) dans la Cité interdite. Il fait penser au dernier empereur Puyi qui reçut un vélo en cadeau de mariage en 1919, mais le motif aurait été réalisé avant, entre 1902 et 1912, d’après Wang Liying (2021). @Rémi Anicotte (29 novembre 2025)Jardin de Qianlong dans la Cité interdite : zone de galets joints avec un mortier côtoyant une plage drainante de galets juxtaposés sans mortier. @Rémi Anicotte (24 février 2026)Jardin de Qianlong dans la Cité interdite : zone de galets joints avec un mortier et une plage drainante de galets juxtaposés sans mortier, de part et d’autre d’une racine qui ne devait pas être recouverte. Ne pas toucher aux arbres présents était l’une des contraintes respectée lors de l’aménagement du jardin au XVIIIe siècle et de sa rénovation terminée en 2026. @Rémi Anicotte (24 février 2026)
He, Chuan [何川], 2024, 清代皇家园林石子地面做法调查研究补论 [A Supplement Study on the Pebble Pavement in Royal Gardens of the Qing Dynasty], in 故宫学刊 [Journal of Gugong Studies], n°1 de 2024, pp.51-70.
Wang Liying [王俪颖] & Li Jianguo [李建国], 2017, 故宫建福宫花园石子路面遗存研究 [Étude des vestiges des calades du jardin Jianfugong dans la Cité interdite], in 四川文物 [Sichuan Cultural Relics], n°4 de 2017, pp.74-82.
Wang Liying [王俪颖], 2021, 故宫御花园石子路面及其空间作用 [Pebblestone pavement in the Forbidden City’s Imperial Garden and its spatial function], in 故宫学刊 [Journal of Gugong Studies], n°1 de 2021, pp.233-242.