Photo de couverture : la porte Dōnghuámén (东华门) vue de l’intérieur de la Cité interdite. @Rémi Anicotte (26 décembre 2021)

Photo prise à partir du sud. Au premier plan la tour d’archer (jiànlóu 箭楼) avec des lucarnes. Au deuxième plan se trouve la tour d’apparat (chénglou 城楼) avec des colonnades en bois peint en rouge. Au troisième plan se voit de plus les colonnades en béton du mausolée du président Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine. @Rémi Anicotte (13 octobre 2023)
Le pavillon central de la Porte du Midi de la Cité interdite : il arbore une pancarte avec les deux caractères Wǔmén 午门 sur fond bleu et il compte une largeur de neuf entrecolonnements formés par dix piliers porteurs. @Rémi Anicotte (10 janvier 2024)

La taille de la charpenterie des pavillons d’apparats chinois de l’époque impériale peut se décrire en termes d’entrecolonnements, appelés jiān 间 en chinois, qui sont les sections définies par des piliers porteurs de la charpenterie. Par exemple, l’avant du pavillon central de la Porte du Midi présente dix colonnes et donc une largeur de neuf entrecolonnements. Par ailleurs, sa profondeur compte cinq entrecolonnements. Donc il couvre une superficie de cinq fois neuf font quarante-cinq entrecolonnement. On voit que le terme jiān dénote ici une unité structurelle de la charpenterie chinoise traditionnelle.

Une façade d’apparat possède toujours une ouverture et donc un entrecolonnement au centre (comme celui sous la pancarte à fond bleu de la Porte du Midi), de plus cette façade est symétrique (par exemple, les quatre entrecolonnements de part et d’autre de la section centrale de la Porte du Midi), ce qui implique forcément un nombre impair d’entrecolonnements.

Le nombre de sections des façades latérales est libre, mais la façade principale est censée compter 9 entrecolonnements au maximum, puis on peut descendre à 7, 5, 3, voire 1 pour une porte simple ou un pavillon élémentaire. Il existe cependant un bâtiment (réputé unique) à dix entrecolonnements comptés d’une façon artificiel (voir la légende de la dernière photo de ce billet de blog).

Les tenons-mortaises (en chinois : dǒugǒng 斗拱) étaient réservés au charpenteries d’apparat impériales et ils en sont donc un marqueur, en sus d’être des éléments décoratifs avec des éléments arrondis ou pointus. Concrètement, ce sont des pièces de bois s’emboîtant sans clou et joignant la toiture au poutres placées sur les piliers porteurs.

Un tenon-mortaise simple du temple Dulesi à Jizhou (蓟州独乐寺). @Rémi Anicotte (15 novembre 2024)
Alignements de deux niveaux tenons-mortaises sous un toit du Palais de la longévité paisible (Níng shòu gōng‌ 宁寿宫) dans la Cité interdite. @Rémi Anicotte (26 avril 2019)
Alignements de trois niveaux de tenons-mortaises sous le toit du du Palais de la célébration des réalisations (Qìng chéng gōng‌ 庆成宫) dans l’enceinte du Musée des constructions anciennes de Pékin (北京古代建筑博物馆). @Rémi Anicotte (8 mars 2025)

Le nombre de figurines sur les ailes des toitures des bâtiments d’apparat est corrélé avec le nombre d’entrecolonnement. Par exemple, sur la photo précédente, on compte cinq entrecolonnements et également cinq figurines entre l’immortel chevauchant un phénix en bas et la tête de dragon en haut.

Sept figurines sur un bâtiment latéral en haut de la Porte du Midi dont l’avant possède justement sept entrecolonnements. @Rémi Anicotte (4 janvier 2025)
Dix figurines sur les arêtes du Pavillon de l’harmonie suprême (Tàihé diàn 太和殿) de la Cité interdite. Ce nombre pair devrait impliquer une colonne en plein milieu de la façade avant ce que l’on refuse car on veut une ouverture centrale. Par conséquent, on construit neuf entrecolonnements habituels et on en ajoute deux courts sur les côtés que l’on compte arbitrairement comme des demis, afin d’aboutir artificiellement à dix. @Rémi Anicotte (10 janvier 2024)

[Mise à jour le 20 avril 2026.]


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