Yonghegong (雍和宫, le Palais de l’harmonie) se situe à l’intérieur du 2e périphérique nord de Pékin. Il s’agit d’un ancien palais entièrement transformé pour devenir une lamaserie en 1744, sous le règne de l’empereur Qianlong de la dynastie Qing.
Le lieu héberge des lamas (c’est-à-dire des ecclésiastiques du bouddhisme tibétain), qui sont ici principalement d’ethnie mongole, mais pratiquent le tibétain qui est leur langue liturgique. Le dernier « bouddha vivant (活佛) » en date à Yonghegong était Jamyang Tubten (嘉木扬·图布丹, 1925-2022) originaire d’Ordos en Mongolie intérieure.
Les salles principales du temple s’alignent selon un axe nord-sud, tandis que les bâtiments secondaires, comme les tours de la cloche à l’est et du tambour à l’ouest, sont disposés symétriquement de part et d’autre, suivant la disposition solennelle habituelle d’un temple chinois. Toutefois, les aménagements liturgiques et décors religieux reflètent le bouddhisme de tradition tibétaine (également nommé lamaïsme).
Enfilade est-ouest de deux des arcs monumentaux à trois arches, sept toits, dougong, tuiles dorées qui marquent l’esplanade sud de Yonghegong à Pékin. @Rémi Anicotte (11 août 2024)
L’enfilade solennelle commence par l’esplanade sud, c’est là qu’entrent les visiteurs. Elle est délimitée par un mur peint en rouge au sud, et par trois arcs monumentaux marquant les trois autres directions. Ils sont ornés de tuiles vernissées jaunes (dont l’usage était un privilège impérial) et d’emboîtements de consoles en bois appelées dougong en chinois. Ils sont la version chinoise des tenons-mortaises européens, et leur présence signalait le soutien de l’État impérial, voire la fréquentation par l’empereur en personne.
L’arc monumental nord s’ouvre sur la voie processionnelle qui suit l’axe nord‑sud menant à la porte principale. @Rémi Anicotte (11 août 2024)
Nous parcourrons la voie processionnelle. Elle est qualifiée de niǎn dào 辇道, ce qui indique qu’elle était empruntée par le palanquin impérial.
Nous arrivons devant le premier portique. Il porte une pancarte avec son nom écrit en lettres et caractères d’or en quatre langues et sur fond bleu, le nom chinois est Zhaotaimen (昭泰门), c’est-à-dire « porte de la lumière et de la stabilité ».
La pancarte quadrilingue du premier portique avec, de droite à gauche : mandchou, chinoisZhaotaimen, tibétain et mongol. On note en mandchou que le substantif porte est rendu par duha et non par une simple translittération du chinois men, cet effort de traduction se voit sur les pancartes anciennes, alors qu’il est devenu plus rare vers la fin du XVIIIe siècle. @Rémi Anicotte (4 mars 2023)
Après avoir franchi cette porte principale, la tour de la cloche se dresse du côté est. En face, du côté ouest, se trouve la tour du tambour. Et devant se trouve le bâtiment de la porte Yonghemen (雍和门), ce qui veut dire la « porte de l’harmonie ».
L’intérieur de la porte Zhaotaimen au sud (à droite sur la photo), la tour du Tambour du côté ouest (à l’arrière-plan) et un haut mât porte-emblème devant. @Rémi Anicotte (4 mars 2023)Au nord de la tour du tambour, une lionne en bronze joue avec son lionceau. En arrière-plan se dresse le bâtiment de la porte Yonghemen. @Rémi Anicotte (2 novembre 2023)Du côté est, au nord de la tour de la cloche, se trouve un lion en bronze posant la patte sur une balle de soie devant le bâtiment de la porte Yonghemen. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Des fidèles et des touristes devant le bâtiment de la porte Yonghemen. Du côté gauche de la photo se voit le pavillon octogonal ouest abritant une stèle biface portant, en mongol et en tibétain, l’édit de 1744 qui transforma le palais en lamaserie. À l’est, un second pavillon octogonal abrite une autre stèle biface portant le même édit en chinois et en mandchou. @Rémi Anicotte (4 mars 2023)Le pavillon octogonal est abrite une stèle biface portant les versions chinoise et mandchoue de l’édit promulgué en 1744 par l’empereur Qianlong. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Les panneaux explicatifs modernes (ici pour le pavillon octogonal est) s’expriment toujours en chinois, en tibétain et en mongol, en revanche, le mandchou a été remplacé par l’anglais. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Les panneaux explicatifs du pavillon octogonal est, en tibétain (texte horizontal à gauche) et en mongol (texte vertical en alphabet bitchig à droite). @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Des fidèles et des touristes déposent leurs bâtonnets d’encens dans le brûloir situé devant le bâtiment de la porte Yonghemen. @Rémi Anicotte (4 mars 2023)La pancarte quadrilingue de la porte Yonghemen, portant, de droite à gauche, les noms mandchou, chinois, tibétain et mongol. @Rémi Anicotte (2 novembre 2023)Statue dorée de Maitreya, dit le Bouddha rieur, assis sur un socle en forme de gousse de lotus, à l’intérieur de la porte Yonghemen. Devant lui et à ses côtés sont disposées des offrandes. Sur le mur derrière lui sont accrochées des thangkas, qui sont des peintures religieuses tibétaines sur toiles. Et en haut se lit une pancarte portant une maxime en chinois Xian miao ming xin (现妙明心, qui signifie « révèle le subtil et éclaire l’esprit »). @Rémi Anicotte (4 mars 2023)
Après avoir traversé la porte Yonghemen, nous atteignons une cour au centre de laquelle se dresse la stèle carrée quadrilingue dite du « discours sur les lamas » (喇嘛说), un édit émis en 1792 par l’empereur Qianlong stipulant la prise en main par l’État chinois de la validation des réincarnations des lamas tibétains et mongols par tirage au sort à l’aide d’une « urne d’or » (金瓶掣签), cela concernait, entre autres, le dalaï-lama, le panchen-lama, ainsi que le bouddha vivant résidant à Yonghegong. La méthode visait l’élimination des querelles claniques, plus matérialistes que spirituelles, à l’occasion des successions des dignitaires religieux lamaïstes. Une urne d’or est conservée ici à Yonghegong, la seconde se trouve au Jokhang, au cœur de Lhassa.
Le pavillon de la stèle carrée dite du « discours sur les lamas » entre la porte Yonghemen et la salle Yonghegong. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)
Au nord de cette stèle, se dresse le bâtiment nommée Yonghegong (雍和宫, « palais de l’harmonie ») comme l’ensemble du temple.
La pancarte de la salle Yonghegong, portant, de droite à gauche, les noms mandchou, chinois, tibétain et mongol. @Rémi Anicotte (4 mars 2023)
Nous le franchissons cette salle et arrivons devant la façade sud de la salle du Dharma (Falundian 法轮殿). Son toit est surmonté de cinq tourelles percées de lanterneaux qui font pénétrer la lumière naturelle à l’intérieur du bâtiment.
Sur le versant sud du toit de la salle du Dharma, se voit le lanterneau central et deux lanterneaux latéraux, il y en a deux autres sur le versant nord. Le lanterneau central et les deux latéraux sud sont percés de fenêtres ouvrant vers le sud. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Statue de Tsongkhapa, fondateur de l’école gelug du bouddhisme tibétain, se trouve au centre de la salle du Dharma, directement sous la lumière du lanterneau central. Tsongkhapa est le fondateur de l’école gelug du bouddhisme tibétain. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Dans la salle du Dharma : peinture murale sur la paroi nord du lanterneau latéral sud-est dont la fenêtre est orientée au sud ) à l’intérieur de la salle du Dharma. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Dans la salle du Dharma : longs sièges et tables de lecture utilisés par les lamas pour leurs récitations quotidiennes des sutras. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)Paroi est de la salle du Dharma : armoires renfermant des sutras tibétains et peinture murale d’un paradis. @Rémi Anicotte (22 septembre 2026)
Nous passons au nord de la salle du Dharma et arrivons devant des bâtiments à étages et passerelles qui rappellent les charpenteries de la dynastie Tang (618-907), du moins pour nous, visiteurs du XXIe siècle habitués aux représentations de ce style historique dans les arts visuels et dans les reconstructions, par exemples à Xi’an et à Luoyang. En revanche, pour les habitants de Pékin au XVIIIe siècle, ces constructions aériennes style devaient plutôt évoquer le Tibet, où le style d’époque Tang ne s’est jamais démodé, voire la Mongolie, où il s’était répandu à partir du Tibet.
Une galerie aérienne relie les niveaux supérieurs du pavillon des Dix Mille Bénédictions (Wanfuge 万福阁) à gauche, et du pavillon de la Santé Éternelle à droite (Yongfuge 永康阁). @Rémi Anicotte (22 septembre 2022)Une seconde galerie aérienne relie les niveaux supérieurs du pavillon central, celui des Dix Mille Bénédictions (Wanfuge 万福阁) désormais à droite sur la photo, et du pavillon de la Prolongation de la Paix à gauche (Yansuige 延绥阁). @Rémi Anicotte (22 septembre 2022)Le grand bouddha en bois de santal à l’intérieur du pavillon des Dix Mille Bénédictions. Cette statue de 18 m de haut fut montée en 1749. @Rémi Anicotte (22 septembre 2022)